A la uneEntreprises

Abdennour Kimouche, PDG de l’Algerian Energy Company à « L’Actualité-Eco » : « L’AEC est un maillon incontournable dans la Politique nationale de sécurisation d’eau potable »

Le dessalement de l’eau de mer est à la page, le pays ne peut plus compter uniquement sur l’exploitation de sa nappe phréatique, notamment dans le Nord, pour assurer de l’eau potable à ses citoyens. Dimanche dernier, le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait insisté sur le dossier du dessalement de l’eau de mer. Dans ce plan stratégique et d’urgence, une société nationale, filiale du Groupe Sonatrach tient le rôle de locomotive, il s’agit de l’Algerian Energy Company, par abréviation (AEC). Elle gère un portefeuille de 11 stations de dessalement d’eau de mer (10 en partenariat avec des partenaires spécialistes en la matière et une 100% AEC et deux centrales électriques. Son Président Directeur Général, Abdennour Kimouche, explique à « L’Actualité-Eco » l’importance de son entreprise dans cette démarche nationale..

Qu’est ce qu’à été réalisé et que reste-t-il faire concernant le dessalement d’eau de mer ?

Avec le stress hydrique qui a sévit en particulier dans l’ouest du pays, durant les années 90 et résultant d’une baisse drastique de pluviométrie, situation accentué par les changements climatiques, et d’autre part, le déséquilibre persistant et inquiétant entre l’offre et la demande en eau potable, les pouvoirs publics ont décidé de recourir au dessalement d’eau de mer afin de sécuriser l’alimentation en eau potable pour les citoyens.

Aujourd’hui, AEC est présente dans onze stations de dessalement d’eau de mer, sur tout le long du littoral algérien, cette présence fait d’elle « un maillon incontournable dans la politique nationale de sécurisation d’eau potable ». La réalisation de ces onze stations a mobilisé près de trois milliards (2,878) de Dollars US dont 75% représente une contribution nette des banques algérienne. La contribution de l’AEC dans la production nationale d’eau potable est de 2,1 million de mètres cubes par jour, soit 17%.

Y a-t-il de nouveaux projets en perspective ?

Vingt années d’existence ont permis à AEC de capitaliser une expertise avérée, qui lui permet d’accéder à la promotion de nouveaux projets en effort propre ou en partenariat afin de sécuriser la disponibilité d’eau potable qui devra atteindre 50% de la production nationale à partir du dessalement d’eau de mer à l’horizon 2030. Dans ce cadre, de nouveaux projets sont en cours d’examen au niveau du gouvernement, il s’agit de deux nouvelles stations qui viendront étoffer le capital de AEC, générant ainsi la création de postes d’emploi direct et indirect. Il y a le projet «  Alger-Ouest » dans la localité de Fouka, wilaya de Tipaza, avec une production journalière de 200.000 mètres cubes ainsi que le projet d « El-Tarf » dans la wilaya de Annaba avec une production journalière de 300.000 mètres cubes. C’est pour dire, encore une fois, que ceci traduit l’engagement fort de AEC à s’inscrire en droite ligne dans la vision stratégique et économique de l’Etat.

L’activité «  génération de l’énergie électrique », on en parle moins, quel est son poids dans l’activité globale de l’Entreprise ?

C’est vrai, devant l’importance de l’eau, on parle moins de l’activité génération de l’énergie électrique qui représente 25% des revenus de nos société de portefeuille qui génère, faut-il le souligner, le plus de résultat si on raisonne par unité. Depuis sa création, AEC a réalisé trois centrales électriques, deux sont toujours dans son portefeuille et la troisième à été cédée à Sonatrach. La capacité de production combinée de deux station, à savoir SKH- Hadjrat E’Nass et KAHRAMA est de l’ordre de 1,55 GWh.

Quelle est la politique partenariale de l’AEC ?

Je dois rappeler que la stratégie des pouvoirs publics à recourir au dessalement d’eau de mer afin de sécuriser l’alimentation en eau potable pour nos citoyens, avait fait l’objet d’un Conseil interministériel tenu le 12 Octobre 2003, au cours duquel il avait énoncé les élément de la politique nationale du « Dessalement de l’eau de Mer ». Ainsi, des missions et responsabilités étaient confiées à AEC pour concrétiser ce programme national. A partir de là, des projets correspondants et conséquents étaient selon le modèle économique «  Partenariat Public-Privé » où les revenus générés par le projet permettent de couvrir les couts opératoires liés à l’exploitation et à la maintenance de l’usine, de couvrir aussi le service de la dette et assurer une rémunération des fonds propres des investisseurs dans le projet. Cette manière de procéder permet à l’Etat d’être soulagé de dépenses importantes qu’il aurait engagées dans d’autres circonstances pour réaliser des projets d’utilité publique.

De ce fait, et en cohérence avec les résolutions du Conseil interministériel, et lors de vingt ans d’existence, AEC s’était engagée dans des investissements requis à travers des partenariats avec des entreprises étrangères de différentes nationalités. Ces entreprises maitrisent la technologie de dessalement d’eau de mer comme elles ont la capacité financière pour réaliser des projets d’une telle envergure et complexité. De même, dans sa nouvelle stratégie, et dans le cadre de la politique de l’Etat algérien de promouvoir l’intégration nationale, AEC envisage de développer des partenariats locaux, dans divers domaines, notamment dans la fabrication  de la pièce de rechange, des produits chimiques et des membranes.

Un Plan Stratégique à l’horizon 2030 est en phase d’élaboration au niveau de l’Entreprise, quelles sont ses lignes directrices ?

Effectivement, l’AEC est en phase de réflexion et de maturation sur les perspectives et stratégie à définir à l’horizon 2030. Un Plan de Développement conséquent a été élaboré et s’articule autour des axes essentiels, à savoir s’impliquer davantage dans des études d’engineering ainsi que dans la phase de réalisation des projets. Nous révisons aussi notre approche de la phase Exploitation et Maintenance en vue de sa maitrise et sa prise en charge en moyens propres comme nous recherchons l’intégration nationale à travers la production d’éléments d’entrée des stations de dessalement d’eau de mer et surtout se rabattre sur les énergies renouvelables pour réduire le fardeau supporté par le Trésor public dans la subvention de l’eau potable. Cette vision s’inscrit, en somme, en droit ligne avec les objectifs précis qui sont la baisse du prix de revient du mètre cube d’eau potable, le soutien à l’économie nationale, la réduction des impacts environnementaux dans le cadre du développement durable et enfin réduire des retards enregistrés dans les projets réalisés assortis d’une incidence financière non négligeable.

Propos recueillis par Mourad H.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page
Fermer