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Slim Othmani, président du Think-Tank CARE à l’Actualité-Eco: « L’acte d’exportation devient de plus en plus difficile »

En marge de la journée d’étude organisée par  le Cercle  d’Action et de Réflexion pour l’Entreprise sous le thème «Quelle finance digitale pour l’Algérie, Slim Othmani, président du CARE revient sur le sujet tout en s’exprimant sur le climat des affaires en Algérie. Il dira à ce propos : « Parfois on  demeure perplexes. En Algérie,  Les textes de lois et  autres décisions sont là mais on  assortit de décisions de stimulations de l’environnement  des affaires  avec des éléments contrariants. Cela complique  du moins  l’exécution normale de ces décisions. Je m’explique : prenez par exemple l’annonce de la récente décision à propos des exportateurs algériens. Un opérateur va fabriquer un produit à partir d’éléments importés ensuite si j’exporte c’est pénal.  Cette notion de systématiquement pénaliser les actes économiques n’a pas de sens alors que dans le nouveau code des  d’investissements, ils viennent d’écrire que c’est les tribunaux du commerce qui sont les seuls habilités à traiter les questions commerciales.  Et cette situation est de rigueur  au moment même où on fait de l’incitation à l’export. Quel pays au monde exporte des produits qui sont fabriqués à partir d’intrants locaux à 100% ? Je ne crois pas que ca existe. On vit actuellement un grand paradoxe alors que  nous avons un pays qui regorge d’opportunités mais en même temps il regorge d’obstacles. Cela met l’entrepreneur face à un choix ; dans un environnement peu encourageant et un Etat intellectuellement extrêmement rigide  ça finit, inéluctablement, par  déborder sur l’opérationnel d’une entreprise qui devient lui-même rigide. Un chef d’entreprise se retrouve à consacrer 20 % de ses efforts ou ses capacités au travail et les 80% restants à tenter de réduire les effets de cette rigidité des pouvoirs publics. Ce qui est insensé.

L’investissement toujours en proie à des obstacles

A la question de savoir s’il est toujours bon d’investir en Algérie, Slim Othmani  donnera une réponse nuancée : « Je  ne dirais pas bon mais  toujours possible. Pour cela, il faut impérativement adopter un comportement autre que ce qui est devrait être à l’usage. Sachant que l’environnement est ce qu’il est, il faudra s’adapter aux règles du jeu et travailler durement pour être rentable localement. Mais pour le moment il faut s’éloigner de l’export. L’environnement est carrément psychorigide. Et même si  l’acte d’exporter se fait envers et contre tout, cela ne sera jamais d’une grande ampleur. Qui exporte aujourd’hui au delà de 20 % de son chiffre d’affaires ? …

La digitalisation et reforme du système financier 

«L’amélioration du climat des affaires passe par la reforme du système financier et  une digitalisation accélérée du système financier et la digitalisation du système fiscal » nous a affirmé Slim Othmani soutenant  que  « les choses avancent bien pour la digitalisation fiscale même si ce n’est pas encore au rythme souhaité. En revanche, la finance digitale traîne encore  alors qu’il n’existe aucune raison plausible à cela ». Il insiste : «  Ça devrait constituer un élément à même d’accélérer l’inclusion financière et d’intégrer plus d’argent dans le circuit formel sans que ça soit de la création monétaire. C’est d’ailleurs là l’artifice de la monnaie électronique.  Il faut qu’on comprenne que le fait d’introduire la monnaie électronique ne va pas induire la création de plus de monnaie pour supporter la monnaie électronique. La création de la monnaie électronique va même permettre d’accélérer des transactions d’échange de produits, des biens et des services et cette accélération d’échange va se traduire, inévitablement, par une accélération de la rotation de la monnaie physique sur le marché et donc un accroissement du PIB et des revenus fiscaux complémentaires à l’Etat.

N.S

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